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David Cotnoir-White chercheur de remède

Aujourd’hui, avec toute la science dont on dispose, on peut traiter beaucoup de maladies… mais il y a encore un fléau qui est la cause numéro 1 de décès au Canada : le cancer. J’ai donc décidé de mener une entrevue avec David Cotnoir-White, un entrepreneur en biotechnologie qui cherche un remède contre le cancer.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe, en bref, dans notre corps quand on a un cancer ?

  • Oui. Le cancer, en fait, est un regroupement de plusieurs maladies qui ont des mécanismes différents, mais qui, en somme, peuvent se résumer à une multiplication incontrôlée de nos cellules. C’est donc une croissance d’un de nos tissus qui devient désordonnée, dangereuse, commence à nuire au bon fonctionnement de notre corps et peut entraîner la mort.
    Les cellules subissent un processus appelé transformation : des cellules autrefois normales subissent des mutations dans leur génome qui les poussent à arrêter de remplir leur rôle normalement et à se concentrer sur leur division constante. Elles finissent par devenir trop nombreuses. Les cellules ne sont plus bonnes : on les appelle les cellules malignes.

Quels sont les types de cancer et lesquels sont les plus dangereux ?

  • Les cancers apparaissent le plus souvent dans les cellules qui se multiplient au cours de notre vie, donc ils peuvent toucher presque tous les tissus. Mais certains tissus sont plus susceptibles de développer un cancer. Il y a les cancers communs comme les cancers du sang : les leucémies et les lymphomes. Ceux-ci apparaissent parce que nos cellules sanguines se régénèrent tout au long de notre vie. Ce stress constant de devoir se multiplier peut mener à des mutations qui s’accumulent et entraînent un cancer, comme je l’ai mentionné plus tôt.
    Il y a aussi d’autres organes touchés, par exemple le sein ou la prostate.

Que fait notre corps pour se défendre par lui-même ?

  • Notre corps a développé plusieurs mécanismes pour se protéger contre le cancer et contre les divisions excessives de cellules.
    Certaines protections sont intégrées directement dans la cellule : quand elle accumule trop de dommages à son génome, des mécanismes détectent ces anomalies et arrêtent sa division et sa croissance.
    Mais parfois, les mutations touchent ces mécanismes eux-mêmes, et la cellule peut alors devenir cancéreuse.
    Pour se défendre contre ces situations, notre système immunitaire possède plusieurs types de cellules capables de repérer et d’éliminer les cellules anormales. Par exemple, les cellules NK (natural killer, ou tueuses naturelles) détectent les cellules transformées. D’autres, comme les cellules T Gamma Delta, repèrent les cellules soumises à un stress extrême. Plusieurs cellules immunitaires circulent ainsi dans notre corps à la recherche de cellules cancéreuses ou précancéreuses pour les éliminer.

Quelles technologies développons-nous pour faire face au cancer ?

  • Les premières thérapies qu’on a développées sont les chimiothérapies. La chimiothérapie consiste à traiter quelqu’un avec une molécule qui interfère avec la division cellulaire. Quand une cellule se divise, elle doit copier son génome. Plusieurs agents de chimiothérapie empêchent cette duplication.
    On utilise ces traitements depuis des années, mais ils ont des effets secondaires importants, car ils affectent aussi d’autres cellules qui doivent se multiplier, comme les cellules sanguines, les cheveux (d’où la perte de cheveux) ou les vaisseaux sanguins.
    Aujourd’hui, on développe la médecine de précision, qui vise à cibler uniquement les cellules cancéreuses. Grâce au décodage du génome et aux nouvelles technologies, on peut identifier des protéines propres aux cellules cancéreuses et développer des anticorps thérapeutiques pour les cibler. Ce sont les mêmes anticorps qui nous protègent des virus, mais adaptés aux tumeurs.
    On sait aussi réorienter le système immunitaire pour qu’il reconnaisse mieux les cellules cancéreuses et les détruise.
    De plus, il existe maintenant des technologies de radiothérapie très ciblées : on peut envoyer des radiations directement sur de très petites tumeurs, voire directement sur la cellule cancéreuse.
    On utilise des isotopes radioactifs, comme le lactinium, qui, lorsqu’ils se dégradent, émettent des radiations. En attachant cet isotope à une molécule qui cible la cellule tumorale, on peut s’assurer que seule la cellule cancéreuse reçoit la radiation.

Vous avez une compagnie. Pouvez-vous nous dire ce que vous faites ?

  • Dans mon entreprise, nous avons découvert comment les cellules immunitaires reconnaissent leur environnement et changent leur comportement en fonction du stress qu’elles perçoivent.
    Nous avons mis au point une nouvelle façon de cibler le cancer en modifiant la façon dont les cellules immunitaires interagissent avec les cellules cancéreuses.
    Avec une simple prise de sang, nous pouvons récolter des cellules immunitaires et les entraîner à reconnaître des types précis de cancer. On peut ainsi éliminer le cancer de manière plus efficace.

Merci d’avoir été avec nous !