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Entrevue avec Mégane Desrosiers, ancienne du MSL

Alexandra Laflamme, 4e secondaire

Le 30 octobre, Mégane Desrosiers (promotion 2017) revenait à son école secondaire, cette fois-ci pour raconter son parcours au Mont-Saint-Louis ainsi que le reste de sa vie, jusqu’à aujourd’hui! 

Lors de son entrée au Collège, en 2012, Megane vivait le 125e anniversaire du MSL. Entre les animations, les décorations et le stress de la rentrée, sa première année fut assez originale! 

C’est en 3e secondaire que son parcours se dessine devant elle. Durant le cours de français, elle fait la rencontre de Mme Marie-Ève Leblanc, une enseignante extrêmement marquante pour Mégane. En plus d’enseigner le cours d’option de littérature en 5e secondaire, madame Leblanc enseigne aussi à quelques groupes de 3e et 4e secondaire. C’est lors d’une production écrite d’un conte fantastique que Mégane, née dans une famille de scientifiques, se rendit compte, avec les encouragements de Madame Leblanc, de son talent exceptionnel pour l’écriture. Le cours de littérature devint donc un choix facile pour elle. Cette enseignante a permis à Mégane de s’épanouir dans un domaine qui la suivra toute sa vie et les souvenirs de Madame Leblanc auront toujours une place importante dans son cœur. 

C’est aussi en 3e secondaire que Mégane fit la rencontre de la merveilleuse Mme Jacinthe Laflamme, enseignante de mathématiques. Dotée d’une énorme capacité d’écoute, d’empathie et de sensibilité, elle laisse à Mégane un endroit où parler lors des moments plus difficiles de la période ingrate qu’est l’adolescence. Madame Laflamme transmet à ses élèves la rigueur dans le travail et Mégane affirme que c’est clairement un trait de caractère qui lui a énormément servi dans ses années de cégep et d’université. Bref, cette enseignante de mathématiques reste un souvenir fort de ses années au secondaire. 

En rentrant au cégep du Vieux Montréal en création littéraire, Mégane réalisa tout le patrimoine que le Mont-Saint-Louis lui avait laissé. En plus de la rigueur, le MSL enseigne une éthique de travail avec un sens de l’organisation et forme non seulement les capacités intellectuelles, mais aussi sociales et émotionnelles. Même si elle avoue que lors des années au secondaire, on peut se rebeller et penser être dans un cadre trop rigide, en sortant, nous réalisons que nous sommes très bien formés à la vie qui nous attend. Le Collège permet d’organiser sa pensée, mais aussi ses notes, sa parole et plus encore. 

Ayant toujours eu une curiosité pour les mots et la langue française, l’écriture ne servait pas à Megane qu’à se défouler. Elle éprouvait plus qu’une soif d’apprendre, de développer sa parole et son écriture. Dans l’écriture de son livre La bouche pour montrer une série de larmes, elle parle de son enfance et de la continuité de cette période, sans pour autant parler de tristesse, mais plutôt pour accepter son inadéquation ressentie. Elle désire cultiver ce sentiment de ne pas rentrer dans des cases et de ne pas suivre un chemin tracé pour elle. Cela donne un livre touchant, où l’on peut se reconnaître, en mots doux et forts. Ce livre avait, au début, un but personnel : une façon d’expérimenter avec le langage. C’est lorsqu’elle le présenta à la fin de ses études universitaires qu’il connut un énorme succès, et avec raison! 

À l’UQAM, c’est le cours obligatoire Littérature et sujet dans lequel Mégane trouva l’angle dans lequel elle allait faire sa vie. C’est une approche psychanalytique, qui consiste à étudier certains actes, des pensées ou des symptômes qui provoquent un changement chez une personne. C’est ce sur quoi est basé son premier livre, ainsi que le deuxième qui est en cours de rédaction. S’il y a bien un livre avec cette approche qui l’a marquée, c’est le livre d’Hervé Bouchard, Mailloux. C’est un ouvrage qui peut se lire en plusieurs couches, qu’on peut analyser ou non. Mégane décrit ce livre comme une écriture sonore, qui est corporelle, pulsionnelle, et surtout, très drôle. Selon elle, il est important lors de ce genre d’analyse de ne pas se prendre au sérieux, comme le fait M. Bouchard. Le livre parle de la parole comme si c’était une autre défécation du corps, ce qui permet, selon elle, de représenter le corps défaillant qui n’obéit à rien et qui n’est jamais adéquat (comme dans son livre!). 

Dans le futur, Mégane veut finir au plus vite, en décembre, son mémoire de maîtrise et avancer le plus possible son deuxième livre. Je ne désire pas trop en parler, pour garder le suspense, mais cette fois-ci, il est question d’un récit poétique très fictif et imaginaire, avec, encore une fois, un jeu entre elle et la langue française avec encore plus la sonorité des mots. Pour vous donner un avant-goût, nous y suivons cinq personnages immortels, portant tous des noms allemands, qui désirent mourir en faisant exactement le bruit que leur nom fait lorsqu’il est prononcé. Par exemple, Off rêve de se faire écraser les poumons par un énorme pneu… 

En plus de travailler comme rédactrice en chef dans la revue La Québécoise, Mégane édite aussi des livres de théâtre, et a déjà fait des critiques de théâtre. En plus d’une bourse, elle a reçu le prix Félix-Leclerc en poésie et est finaliste pour le Prix Émile-Nelligan. 

Bref, Mégane a le vent dans les voiles! C’est honnêtement une personne incroyablement intelligente, drôle, et attentionnée. Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir pu rencontrer une personne aussi inspirante. Merci Mégane !