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Retour dans le passé…

S’il y a bien une chose que je retiendrai de mon passage au Collège, c’est que le Mont-Saint-Louis est bien plus qu’une simple école. Cet établissement représente non seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un véritable lieu de vie et d’évolution. Grandir est terrifiant, certes, mais comme c’est réconfortant de l’avoir fait dans un cadre aussi humain et chaleureux ! Une communauté engagée qui sillonne les corridors, des enseignants dévoués qui discutent durant les pauses, des dîners partagés dans une cafétéria animée, une vie étudiante vibrante : tout cela me donne déjà envie d’y retourner.

C’est d’ailleurs exactement ce qu’ont fait Monsieur Antoine Therrien (directeur de la vie étudiante), Madame Julie Couillard (technicienne en loisirs) et Monsieur Nicolas Lamoureux (professeur de sciences), pour qui le Collège est pratiquement devenu un second chez-soi. J’ai rencontré ces trois anciens du Mont-Saint-Louis pour comprendre ce qui les a poussés à faire ce choix marquant : le retour au secondaire.

« C’est comme un cercle qui se referme : j’ai adoré mon séjour comme élève et je suis revenu pour enseigner », explique le directeur de la vie étudiante. Coach d’improvisation, stages, suppléance, professeur de latin : le Mont-Saint-Louis ne peut plus se passer de Monsieur Therrien ! Je reprendrai d’ailleurs les mots si bien choisis de notre chère directrice générale, Madame Sylvie Drolet : « Antoine est né au Collège ! »

Je pense aussi à la trajectoire bien bouclée de Monsieur Lamoureux, qui a connu, à ses débuts, une situation plutôt particulière. Lorsqu’il est arrivé, il y a cinq ans, tous les enseignants de secondaire 4 étaient… ses anciens professeurs. « Monsieur Bélisle… Yvan ? Monsieur Yvan ? » souligne-t-il en souriant, évoquant le léger inconfort d’appeler ses anciens enseignants par leur prénom.

Qu’on le veuille ou non, nos enseignants nous marquent tous d’une manière ou d’une autre. Monsieur Therrien les voyait d’ailleurs comme les acteurs de sa pièce de théâtre quotidienne, une vision rafraîchissante pour quelqu’un ayant connu des enseignants qui donnaient leur cours debout sur une petite estrade ! Madame Couillard, elle, se rappelle entre autres d’un professeur de mathématiques à qui la classe avait fait une farce : tous les élèves avaient retourné leur bureau, tournant le dos au pauvre enseignant. Imaginez la surprise des élèves quand ce dernier a simplement poursuivi son cours comme si de rien n’était !

Il faut dire aussi que l’école était beaucoup plus stricte autrefois, et l’ambiance d’aujourd’hui était loin d’exister. Avec ces trois « rebelles », les anecdotes ne manquent pas. Madame Couillard se souvient d’un professeur, autrefois maire de ville, accusé d’avoir pris de l’argent dans la petite caisse ; un garçon de sa cohorte avait retrouvé un article à ce sujet et l’avait distribué à tout le monde ! Monsieur Lamoureux se remémore la seule retenue qu’il ait jamais eue, donnée par nul autre qu’Angelo en secondaire 4 : « TOI ! Retenue ! », pour avoir eu trois boutons défaits sur sa chemise au lieu de deux. Monsieur Therrien, quant à lui, se rappelle avoir éternué volontairement dans un cours ennuyant pour faire rire la classe. L’enseignante avait alors crié : « ANTOINE, SORS DE LA CLASSE ! », avant de lui ordonner, une fois au cadre de porte et les larmes aux yeux : « ANTOINE, VA TE RASSEOIR ! »

Tous trois partagent aussi un attachement particulier à la cafétéria. Monsieur Lamoureux évoque notamment le « combat constant pour avoir notre table ». Au deuxième cycle, la compétition pour obtenir une table était féroce, et lui et ses amis avaient fini tout au fond. Ces derniers s’étaient même lancé le défi de manger dehors toute l’année. Victoire pour la table ! La pastorale est aussi un lieu important dans leurs souvenirs. Similaire à l’engagement communautaire d’aujourd’hui, son local était situé dans l’aile Saint-Joseph et servait aux rencontres parascolaires et aux dîners des élèves impliqués. Madame Couillard et sa bande y passaient beaucoup de temps. À cette époque, le terrain gazonné était rempli de trous, le stationnement n’était pas bétonné et le SR n’était qu’une piste d’athlétisme.

Déjà très impliquée dans la vie étudiante à l’époque, Madame Couillard s’investissait sans compter. Monsieur Lamoureux était quant à lui un élève plus discret, qui avoue aujourd’hui qu’il aurait aimé sortir davantage de sa coquille. Monsieur Therrien baignait déjà dans l’implication scolaire : improvisation, Tradition, AGE, conseil de classe, pastorale… Il réussissait bien à l’école, participait activement en classe et était même, avouons-le, le chouchou de plusieurs enseignants.

Comme en témoignent leurs souvenirs, le Mont-Saint-Louis est un véritable réservoir de mémoires. Madame Couillard se remémore une fin de semaine de cyclotourisme qui lui avait permis d’obtenir une exemption d’éducation physique. Monsieur Therrien se souvient d’un professeur lui ayant confié le plan de cours afin qu’il enseigne à ses camarades. Monsieur Lamoureux repense aux défis génie inventifs et à la fabrication d’une catapulte dans le cabanon glacé d’un de ses amis.

Si ces anciens élèves se remémorent aujourd’hui leurs professeurs impressionnants, leurs amis inoubliables et ces moments marquants, moi, je garderai en mémoire une cohorte unie. Je me souviendrai des rencontres formidables que j’ai faites au fil de ces cinq années, et de tout ce qu’elles m’ont appris. Le sentiment d’appartenance que je ressens envers ce collège, cette seconde maison, est immense, et c’est le cœur serré que je m’apprête à le quitter. Mais comme toute belle chose a une fin, je me considère privilégiée de conclure mon dernier article pour le journal étudiant avec ces quelques mots : On se revoit dans quelques années ?